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Lettre ouverte au président de l'UPV-M

Metz, le 2 novembre 2010

 

Lettre ouverte au Président de l’Université Paul Verlaine Metz

Monsieur le Président,

Une analyse soigneuse de votre politique indemnitaire laisse apparaître deux facteurs manifestement positifs : l’augmentation statutaire de 15% des primes IAT-IFTS (personnels ASU) d'une part et, en second lieu, la revalorisation de la prime minimale des  Adjoints Techniques de 2ème classe (personnels ITRF), mesure déjà partiellement acquise à l'UPV-M via l'axe 4 (prime de fin d'année) et que nous souhaitons voir étendre à l'échelle nationale depuis des années. 

Cela dit, la préoccupation majeure du SNPTES reste la défense des intérêts de l'ensemble des personnels de notre Université, orientation qui implique, à l'occasion, des prises de position différentes des vôtres, voire franchement opposées  lorsque vos choix semblent inconciliables avec les principes qui sous-tendent nos engagements.

Un exemple significatif de divergence concerne la modulation des primes, dont la mise en place est largement perçue comme un acte d’autorité. Pour sa part, notre syndicat reste opposé à cette disposition tant que le niveau moyen de prime interministériel ne sera pas atteint. Vous avez cependant décidé d’appliquer la PFR (Prime Fonction et Résultat) à la majorité de vos personnels pour reconnaître les fonctions et leur implication.

Dans les faits, les implications de cette disposition sont les suivantes :

·        les personnels de l’ASU, à qui légalement s’applique la PFR,  ne verront quasiment pas de modulation de leur prime et ceci quel que soit leur investissement. Ils sont à la fois à l’abri de ses risques et à l’écart de ses bienfaits  car leur prime minimum (IAT-IFTS au taux 4,3) est désormais bien plus importante que les taux planchers de PFR appliqués à l’université. A titre indicatif, un SAENES CN percevra une prime minimum de 3670 € par an alors que la PFR maximum est de 3705 € par an, soit une modulation symbolique de 35 €.

Quant aux personnels ITRF des métiers administratifs (BAP J), à fonction et investissement équivalents, ils ne peuvent que dans de très rares cas (R et F les mieux cotés) accéder au  même niveau de  prime que leurs collègues de l’ASU : en effet, ils partent de bien plus bas que les personnels de l’ASU,  ainsi un TECH CN BAP J pourra percevoir  une PFR comprise entre 2242 €  (au lieu de 3670 € pour l’ASU) et 3705 € par an soit un delta possible de 1463 €.

·        les autres BAP des ITRF, dont les fonctions ne seront pas indexées en 2010, se verront appliquer la partie « Résultat » dans toute sa réalité : un TECH CN pourra percevoir une prime comprise entre  2242 € minimum et 2692 € maximum par an.

Dans les faits, la PFR ne va véritablement s’appliquer qu’aux personnels ITRF avec un traitement différent entre les BAP (Branches d’Activités Professionnelles).

·        à fonction et service équivalents, des personnels de catégories différentes ne toucheront toujours pas la même prime. Par exemple, des personnels de catégories respectives B « Classe Normale » et C «Principal» dans un secrétariat de laboratoire observeront un écart supérieure à  1493 € ;

·        les personnels de bibliothèque et de santé sont purement et simplement oubliés ;

·        votre crédo « pas d’augmentation systématique de la prime minimum »  ne s’applique qu’aux personnels ITRF, de bibliothèque et des services de santé, alors que le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche augmente depuis plus de trois ans l’enveloppe budgétaire correspondante de plus de 6% chaque année et prescrit dans sa circulaire annuelle « …de mettre en œuvre un régime indemnitaire équilibré entre les corps et les statuts… ». Ce qui est fait dans de nombreuses universités et notamment Nancéiennes.

Les points qui précèdent illustrent amplement le principe clé suivant lequel les présentes dispositions ne seront comprises et acceptées que dans la mesure où elles s'accompagneront d'une harmonisation de la prime minimum entre les corps et les grades des différents statuts.

Dans cette perspective, nous avons souhaité vous convaincre d'appliquer la prime minimum la plus favorable équivalente au taux 4,3 de l'IAT-IFTS à l’ensemble de vos personnels (ASU, ITRF, Bibliothèque et Santé) en attendant un taux de 5 l’an prochain. Nous vous avons rencontré à ce sujet le 18 octobre dernier.

Un argumentaire analogue devait vous être présenté le jeudi 21 octobre à l'occasion du CTP, mais avec une portée nécessairement réduite puisqu'il s'avère finalement que votre administration s'était déjà fait le devoir d'anticiper le vote du CTP. Vous avez justifié cette anticipation par la mise en paiement des primes sur le salaire de décembre. Le calendrier des payes étant connu à l’avance,  la date du CTP, que vous avez fixée, aurait du être avancée de quelques jours afin de conserver au CTP une valeur objective d'organe consultatif paritaire, et non d'automate à cautionner des décisions déjà prises.

Notre décision de quitter le CTP doit être appréhendée sous cet angle, eu égard à la double déception que représentent le musellement de fait des personnels au sein d'un organe froidement court-circuité, et l'aggravation programmée des disparités de traitement entre les personnels.

Nous rappelons que la décision finale revient au Conseil d’Administration qui ne sera consultée que plusieurs semaines après l’application effective de cette politique !

Veuillez agréer, Monsieur le Président, nos cordiales salutations.

Les élus SNPTES-UNSA

Lionel VERNEX-LOSET

Béatrice VAILLANT

Edith HAZOTTE

Sébastien DILIBERTO